sauvegarde – ne pas toucher !

D’après une étude publiée le 5 décembre 2019 dans la revue Nature et pour la Science n°496
février 2019

L’ammoniac est dangereux pour l’air que nous respirons

Gaz  très polluant qui a un impact direct sur l’environnement (pluies acides) et sur la qualité de l’air que nous respirons donc sur la santé humaine. Il joue un rôle majeur dans la formation des particules fines (sels d’ammonium) qui pénètrent profondément dans les voies respiratoires pulmonaires comme par exemple l’ammoniac émanant des épandages intensifs de fertilisants qui contribue à la formation de ce type de particules fines polluantes.
Il est donc impératif de surveiller les émissions de ce gaz dans l’atmosphère et de comprendre les processus régulant les concentrations de ce gaz dans l’atmosphère. Les résultats de cette étude suggèrent qu’une meilleure gestion des impacts de la pollution par l’ammoniac passerait par une révision complète des émissions de ce gaz, très largement sous-estimées dans les inventaires actuels, en imposant une adaptation de l’activité industrielle et agricole pour la survie de l’humanité.

Depuis plus d’une douzaine d’années, l’instrument IASI (interféromètre atmosphérique de sondage infrarouge) développé par le CNES et embarqué à bord de satellites Metop (Le programme Metop lancé par l’ESA et Eumetsat en 2007 couvrira 18 années d’observation de la composition atmosphérique terrestre en continu depuis une altitude moyenne d’environ 800 km. Le dernier satellite, Metop-C a été lancé le 7 novembre 2018) fournit deux fois par jour aux scientifiques des mesures de la concentration de divers composés atmosphériques (vapeur d’eau, monoxyde de carbone dioxyde de carbone, monoxyde de carbone, dioxyde de soufre, ozone, méthane, ammoniac, acide nitrique, oxyde d’azote…) et ceci à chaque endroit du globe. L’enregistrement et l’étude de ces millions de données atmosphériques journalières sur une très bonne couverture spatiale permet un suivi de la pollution atmosphérique et du réchauffement climatique.

En exploitant des données journalières d’ammoniac (NH3) mesurées grâce à l’interféromètre IASI entre 2008 et 2016 des chercheurs du CNRS/Sorbonne Université/Université Versailles Saint-Quentin appartenant au Laboratoire Latmos (atmosphères, milieux, observations spatiales) et de l’Université Libre de Bruxelles ont élaboré la première cartographie mondiale de la répartition d’ammoniac atmosphérique. Ils ont mis en évidence  241 « points chauds », des sources de NH3 très localisés de moins de 50 km de diamètre (voir carte) dont les deux tiers étaient inconnues auparavant. En combinant cette carte avec des images satellites, les chercheurs ont montré qu’il s’agissait de 83 sites liés à l’agriculture intensive (élevage de bovins, cochons ou volailles) et 158 à l’activité industrielle (principalement des usines de production d’engrais). Ils ont aussi observé 178 zones d’émissions plus étendues qui correspondent plutôt à des régions de cultures céréalières (en Asie avec les plaines du Gange et de l’Indus, du nord de la Chine, en Amérique avec les régions de San Joaquin en Californie et Snake river valley dans l’Idaho, en Europe avec les vallées du Po et de l’Ebre,…) et à des régions ou l’on brule beaucoup de biomasse (Afrique de l’ouest…).

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© Université Libre de Bruxelles

IASI surveille la composition de l’atmosphère depuis 10 ans
© CNES – EUMETSAT